“Ah!… les europettes….”

© François Richard

La série Europe est mixte et donc théâtre nautique des genres masculins et féminin. Donc cela donne des europistes et des europettes. Particularité de la classe Europe, filles et garçons régatent ensemble souvent, même parcours et même départ, mais avec des classements ultimes, séparés .Il n’y a que peu de séries mixtes donc cela est à signaler. Cette co navigation des genres féminins et masculins, offre beaucoup de possibilités et aussi des différences de comportement, de méthodes, de préparation mentale et physique, ainsi que bien des manières de naviguer.

Mais cela fait aussi parler et écrire des articles. Je tiens à préciser que vous ne trouverez dans ce texte , rien de péjoratif , de malsain ou autre. On aime les europettes car sans elles, la série ne serait pas ce qu’elle est. Alors, je commencerais ainsi:

MERCI les filles, MERCI parce que grâce à vous on a une série géniale, une ambiance et une réputation que les organisateurs et les comités apprécient. Donc, les années passent, mais les europettes restent les europettes, irréductibles passionnées, pour la plupart.

Nina Mir – Espagne © CV Blanes

Certains se souviendront sûrement d’anciens reportages où elles nous parlaient de maquillage, de coiffure. On peut dire qu’elles pouvaient être testeuses de cosmétiques, le waterproof leur a prouvé sa limite. Est-ce qu’un parfum peut tenir une journée de nav ? Est-ce qu’il existe une crème qui ne pique pas les yeux ? Ma coiffure j’en fait quoi ? Je mets une casquette ? Des couettes ? Des nattes ? Je n’ai pas envie de me retrouver coincée dans une poulie et qu’on coupe tout au cutter. Tant de questions auxquelles certaines ont essayé de répondre parfois sans vraiment trouver la juste réponse.

© Cyril Richard

Ok la discipline n’est plus olympique depuis Octobre 2004 Mais que s’est-il passé depuis ? où sont passées les plus célèbres europettes  et que sont-elles devenues ? Qu’importe car elles sont toujours là et nous permettent de discuter de plein de choses, avec leur appréciation et subtilité de femme. Elles sont tellement toutes différentes qu’on ne pourrait presque pas faire de catégories. Mais soyons fous et tentons de définir leur diverses catégories…on va essayer, même si, le temps ayant passé, les choses ont changé. Les mentalités et les techniques aussi. Les europettes sont de tous types , il y a les petites, les grandes, les poids plume, les sportives, les moins physiques, les jeunes, les matures (vous avez vu comme je fais tout pour n’oublier ou ne choquer personne)… dénominateur commun le charme et le sourire de toutes ces femmes et jeunes filles sauf peut être quand leur jour de régate fut parfois trop chargé d’ennuis, de mauvais bords, de fausses manœuvres, de chavirages ou de matos brisé.

Les plus grandes peuvent faire un mètre quatre-vingt, mais si, elles existent. Ou pour les plus menues un mètre cinquante-cinq. et oui aussi. Ce ne sont là que des estimations car pour le beau sexe, les chiffres vrais sont… top secrets… galanterie oblige ..et donc on n’a pas le droit de parler de poids. Après il y a bien des statistiques qui furent faites pour les JO, mais on ne fait que les citer, entre coaches. Ça offre une variété superbe de régatières : spécialistes du petit temps, championnes de la baston, ou parfois des extraterrestres : 7 fois championnes du monde, qui sont intouchables par tous les temps, et ridiculisent bien des garçons.

Laure Bonnot – CN Croisette © François Richard

Mais cela génère aussi des situations amusantes (si l’on peut dire). Il est arrivé d’entendre des phrases de ce genre « mais elle n’y arrivera jamais avec ce physique, elle est trop fine, trop petite etc… » et ces mêmes personnes complètement dépités car battues par cette « petite » qui par tous les temps leur met la misère. Et bien PAF… c’est bien fait, vous n’aviez qu’à pas avoir de ridicules préjugés. Et les femmes, il faut toujours le garder en mémoire, ont face aux mecs et sur les bateaux, l’atout énorme de leur sensibilité, pour trouver le juste équilibre des réglages, sentir et exploiter cette risée survenue.. que bien d’autres n’auront pas vue.

Shirley Robertson – Royaume-Uni – médaille d’or JO 2000 – Sydney © François Richard

L’Europe est pour tous et surtout pour TOUTES !

Blondes, brunes, rousses, grisonnantes, cheveux court, cheveux longs. L’europette représente toutes les femmes et tout ce que la féminité peut offrir.

L’Europe est pour tous et surtout pour TOUTES !

Blondes, brunes, rousses, grisonnantes, cheveux court, cheveux longs. L’europette représente toutes les femmes et tout ce que la féminité peut offrir.

Marie-Julie – Belgique © Cyril Richard

Le magique de cette meute féminine c’est que tous les âges sont présents et ainsi cela permet des échanges, le feed back, des retours d’expérience, des progressions, des partages. On a des mamies dans les europettes. Pour rien, elles ne lâcheraient leur Europe. C’est peut-être leur amant éternel. Celui qui ne fâchera pas, le copain ou le mari, mais sortira en termes de jours ou d’heures, la compagne, de sa vie en couple. À contrario certaines ont trouvé leur conjoint grâce à leur pratique de la régate sur Europe.

Flora Otal – Cercle de la Voile d’Arcachon © Arnaud Cormontagne

Les ultra sportives : on les reconnait aisément. Elles sont en tenue de sport dès le réveil. On les croise à courir matin et soir. Elles ont leur tapis de sol pour s’étirer avant et après la nav. Leur journée est programmée, chaque action est notée, chronométrée et analysée. Les nanas font de la voile comme elles font les études, donc souvent bien plus sérieusement que les garçons. Le crossfit est devenu leur drogue quand elles ne sont pas sur l’eau. Elles sont hyperactives, on ne les tient pas. Ce sont des tueuses sur les lignes de départ. “Never Give Up” n’est-ce pas et “Never Quit because Quitting is not an option”…… vous avez trouvé non ?

Allemagne © Alfred Farré

Les Discrètes : on ne les voit pas, on ne les entend pas mais à la fin elles sont parfois devant nous au classement ! Mais comment est-ce possible ? Même à la mise à l’eau on les cherche. Peut-être sont-elles héliportés directement sur la ligne de départ avec leur Europe puis récupérés après l’arrivée ? C’est le grand mystère. Le plus exaspérant c’est qu’une fois à terre, elles sont déjà douchées, changées. La tête sur l’écran de leur smartphone, parfois déjà cachées dans les camions du coach ou des parents. Ah mais attendez, j’ai entendu parlé de certaines nordiques qui ne sont pas héliportées, mais déposées délicatement sur le bateau. Une fois ce dernier mis à l’eau, voile hissée, safran et dérive en place. Peut-être un début d’explication.. aux parents parfois !

Championnat de France 2015 © François Richard

Les Coquettes : elles limitent le plus possible le temps en combinaison. Elles s’habillent au dernier moment et se changent directement en arrivant à terre. Allergie au néoprène ? au lycra ? ou peut-être juste envie d’êtres élégantes dans leur tenue yachtware (et on les comprend). En tout cas si elles sont voileuses acharnées sur l’eau , dès le retour à terre elles se métamorphosent en citadines, en femmes. Elles se distinguent sur l’eau en étant bien apprêtées, et toujours souriantes sur les photos. Le sel, le soleil, rien ne peut altérer leur coquetterie de marinette . Même les lycras sont assortis à la couleur de leur bateau. Certaines vont même jusqu’au stick solaire d’une couleur coordonnée au gel coat des caissons du dériveur.

Lluïsa Puig Moner – Espagne © Cyril Richard

Les Influenceuses : et oui l’époque veut cela ! Sur tous les réseaux sociaux, Instagram, Facebook et twitter, les europettes se manifestent. Photos sur l’eau, parfois retouchées, les stories à terre, les tutos qui apparaissent entre deux régates…. On se demande, si certaines ne sont pas en contrat avec telle ou telle marque, car elles font de la promo à peine déguisée même pendant les manches. La couleur du bateau est étudiée pour faire de belles photos. La plus célèbre, un indice? … est allemande. Mais il faut les remercier, elles font de la promo au bateau et font venir du monde. Et font parler les bavards comme moi….

Marisa Roch © Marisa Roch

Les petites nouvelles : Ah là là, on les reconnait facilement… et ce n’est pas méchant non! Elles débarquent de l’Open Bic ou de l’Optimist, arrivent déjà habillées en tenue de navigation avec le gilet, les bottillons …rien ne manque. Même pendant le retard à terre elles sont prêtes. Elles découvrent un bateau compliqué. Mais qu’est-ce que c’est que ça? une bordure avant ??? Comment ??? euh et le chariot au milieu du bateau là, c’est quoi ? Ce sont les mêmes qu’on retrouve épuisées le soir, mais le sourire jusqu’aux oreilles, heureuses des sensations que le Moth Europe procure. D’ailleurs c’est peut-être dans ces moments qu’on les adore! Elles ont la pêche et ne ménagent pas leurs efforts à chaque nouvelle navigation, ou régate.

Lou Marsan – CN Claouey © Cyril Richard

Les revenantes : Elles avaient quitté la série pour bien des raisons : boulot, mariage, bébé, choix de vie etc…. , il y a bien des années. Nous les voyons revenir, retrouvant leurs plaisirs nautiques de jeunesse! Elles renouent avec leur niveau ultra rapidement, comme si elles avaient toujours été connectées avec ce dériveur. Le poids des années ne laisse presque aucune trace, leurs “formidable feeling” avec le moth , reste intact, duo magique Europe-Europette…. il ne demandait qu’à être réactivé. Renaissance Magique !

Sabine Rajeul – France © El Balis – Laura Carrau

Les Mamies : Passionnés, passionnantes, toujours présentes dans la classe et pour l’association, toujours prêtes à se souvenir et à rappeler aux petits jeunes qui débarquent sur Europe, quel est ce dériveur qui leur correspond tellement ! Attention, le petit temps est leur royaume, œil vif, toujours dans les bons coups, les années n’ont alors plus vraiment de poids, tellement l’expérience reste le maitre mot d’un bateau si technique.

Elisabet Llargués © Alfred Farré

Les extraterrestres : Quoi qu’il se passe dans votre régate, elles sont devant vous… passant votre Europe au dernier moment sur la ligne d’arrivé, surgies de nulle part! Agacement… Non, juste des techniciennes implacables, expertes du haut niveau qui firent les heures de gloire de la classe Europe en surfant sur cette vague de réussite internationale depuis si longtemps.. Une certaine Danoise a même gagné le titre ultime 7 fois d’affilée…. impossible… mais si, et personne n’a jamais réussi à la déloger… !

Anna Livberg – Danemark © El Balis – Laura Carrau

Dans tous les cas, on les aime les europettes. Pourquoi donc direz vous ?

Déjà parce qu’elles sont dans la meilleur classe de dériveurs du monde.

© Cyril Richard

Ensuite, car elles sont souriantes, enjouées, marrantes, sportives, féminines….

Évidente conclusion, sans elles, la série ne serait pas ce qu’elle est, et rien que pour cela MERCI ….mesdames et mesdemoiselles .

L’Amical de l’Europiste déchainé

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